Septembre est le mois de la prévention du suicide, une période importante pour rappeler une réalité qui nous concerne tous : derrière chaque collègue, chaque employé, chaque gestionnaire ou chaque professionnel se trouve une personne qui peut, à un moment de sa vie, traverser une période difficile.
Le milieu de travail occupe une place importante dans nos vies. Nous y passons une grande partie de notre temps, nous y développons des relations et nous y vivons des réussites, mais aussi parfois du stress, de la pression, des conflits, de l’épuisement ou des périodes d’incertitude. Pour certaines personnes, ces difficultés peuvent devenir particulièrement lourdes à porter.
La prévention commence souvent par quelque chose de très simple : être attentif aux autres.
Un changement de comportement, un collègue qui s’isole, une personne habituellement énergique qui semble constamment épuisée, une diminution soudaine de motivation ou encore des propos qui traduisent du désespoir peuvent être des signaux qu’il ne faut pas nécessairement ignorer. Cela dit, derrière un sourire, une personne en difficulté peut s’y cacher. Les apparences peuvent être trompeuses et la personne qui souffre est justement celle dont on se douterait le moins. C’est pourquoi il est important de rester vigilants et ouverts, sans présumer de ce que vit une personne derrière les apparences.
Au travail, nous n’avons pas besoin d’être des experts pour faire une différence. Nous pouvons simplement prendre le temps de demander : « Comment vas-tu réellement? » ou « Est-ce que tout va bien? ». Et surtout, nous pouvons écouter sans juger, sans minimiser et sans chercher immédiatement à trouver une solution.
Parler de santé mentale et de prévention du suicide ne crée pas le problème. Au contraire, ouvrir la conversation peut contribuer à briser l’isolement et à permettre à une personne de demander de l’aide.
Les employeurs ont également un rôle important à jouer. Un milieu de travail sain est un milieu où il est possible de parler des difficultés, où la santé psychologique est prise au sérieux et où les employés savent vers quelles ressources se tourner lorsqu’ils en ont besoin. La prévention passe donc aussi par une culture organisationnelle basée sur le respect, l’écoute, la bienveillance et la confiance.
Il faut également se rappeler une chose essentielle : demander de l’aide n’est pas un signe de faiblesse. C’est souvent un signe de courage.
En ce mois de la prévention du suicide, prenons donc quelques minutes pour regarder autour de nous. Peut-être qu’une personne de notre entourage traverse une période difficile sans que nous le sachions. Un message, une conversation, une écoute attentive ou simplement le fait de montrer à quelqu’un qu’il compte peut avoir beaucoup plus d’importance qu’on ne l’imagine.
La prévention du suicide ne repose pas sur une seule personne. Elle repose sur nous tous.
Au travail comme ailleurs, soyons attentifs. Osons parler. Osons écouter. Et surtout, n’hésitons pas à tendre la main.